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Le diagnostic étiologique des broncho-pneumonies bovines

Chez les bovins, en particulier les jeunes, les broncho-pneumonies d’origine infectieuse constituent une problématique importante. Si la régie

Chez les bovins, en particulier les jeunes, les broncho-pneumonies d’origine infectieuse constituent une problématique importante. Si la régie et les conditions d’élevage constituent des facteurs de risques importants, ce sont toutefois in fine des agents infectieux qui sont responsables de ces pathologies.

Ainsi, plusieurs virus tels que le BRSV, le BVDV, le BoHV1, le BCoV, le BPIV-3 et l’IVD ainsi que des mycoplasmes (en particulier Mycoplasma bovis) ont la capacité de causer des lésions plus ou moins sévères du tractus respiratoire et affecter ses défenses naturelles.

Par ailleurs, les lésions ainsi causées au tractus respiratoire sont susceptibles d’être surinfectées par des bactéries pathogènes opportunistes telles que Mannheimia haemolytica, Pasteurella multocida, Histophilus somni, Bibersteinia trehalosi ou Trueperella pyogenes.

Face à des problèmes de broncho-pneumonie, l’identification les agents infectieux impliqués (virus et/ou bactéries) permet de mieux comprendre leur dynamique au sein des élevages et orienter le choix de mesures préventives et curatives spécifiques (vaccinations ou traitements).

Au cours des dernières années, les méthodes diagnostiques ont connu des développements remarquables. Ainsi, on dispose désormais de tests PCR en temps réel qui permettent de mettre en évidence de manière sensible, spécifique et quantitative la plupart des agents infectieux importants.

De plus, contrairement aux méthodes traditionnelles (isolement viral, culture bactérienne), ces PCR sont capables de détecter des organismes qui n’ont pas survécu pendant le transport au laboratoire et les résultats sont disponibles en quelques heures au lieu de plusieurs jours.

Si on souhaite évaluer la sensibilité aux antimicrobiens de certaines bactéries, il faut toutefois encore faire appel à la culture bactérienne. Les échantillons étant souvent polymicrobiens, le laboratoire utilisera idéalement plusieurs milieux de culture afin de maximiser les chances d’isolement (un « profil respiratoire bactérien »).

Les échantillons les plus représentatifs du microbisme broncho-pulmonaire, aspirations trachéales et broncho-alvéolaires, sont difficiles à obtenir dans les conditions d’élevage. Toutefois, les écouvillonnages naso-pharyngés profonds constituent une excellente alternative tant par la facilité de leur réalisation que par leur représentativité de ce microbisme.

Pour réaliser ces prélèvements, il est important d’utiliser des longs écouvillons (30 pouces) à double gaine (écouvillons habituellement utilisés pour les écouvillonnages utérins chez les juments) qui permettent d’échantillonner le naso-pharynx profond tout en évitant la contamination des échantillons par la flore nasale.

Si les échantillons sont destinés uniquement à des examens PCR, il n’est pas nécessaire de les placer dans un milieu de transport particulier, une solution saline (0,9% NaCl) convient parfaitement. Par contre, il faut proscrire les milieux de transport gélosés qui interfèrent avec l’extraction des acides nucléiques.

À l’inverse, les échantillons destinés aux examens bactériologiques exigent plus de précautions. En effet, la plupart des bactéries respiratoires meurent assez rapidement si elles ne sont pas placées dans des conditions adaptées. On recommande l’utilisation d’un milieu Amies liquide ou gélosé, maintenu réfrigéré (mais pas congelé!) et livré rapidement au laboratoire (<48 heures).

Eu égard aux virus et aux mycoplasmes, il n’est pas utile de réaliser des examens individuels. Au contraire, il est même plutôt recommandé d’examiner des échantillons composites (pools de 3 à 5 échantillons). Ceci permet de réduire les coûts sans nuire de façon importante à la sensibilité analytique tout en augmentant la sensibilité diagnostique.

Le choix des animaux à échantillonner est évidemment important. Ils doivent être en début de signes cliniques. En effet, certains virus (en particulier le BRSV) disparaissent rapidement du tractus respiratoire. De plus, il faut éviter les animaux qui ont été récemment vaccinés avec des virus atténués car certains d’entre-eux peuvent persister plusieurs jours dans les voies respiratoires.

À l’inverse des virus, les examens bactériologiques doivent d’être individuels car la flore bactérienne peut varier considérablement d’un animal à l’autre. Si on souhaite obtenir des antibiogrammes, il faut recourir au préalable à ces examens. Bien sûr, les prélèvements doivent être réalisés chez des sujets n’ayant pas reçu d’antimicrobiens au préalable.

Biovet met à votre disposition des tubes contenant du milieu de transport Amies liquide qui convient pour les virus comme pour les bactéries. Le même échantillon (écouvillon) peut alors servir à la fois pour la PCR et la bactériologie. Pour les échantillons à examiner en pool, nous recommandons de soumettre les échantillons individuellement, le laboratoire se chargera de constituer les pools.

En conclusion, lors de problèmes de broncho-pneumonie, des examens de laboratoire, PCR et/ou culture bactérienne, effectués sur des échantillons soigneusement réalisés et conservés peuvent apporter une aide intéressante afin de déterminer les agents infectieux impliqués et mettre en place des mesures préventives ou curatives adaptées.

La PCR  L’examen bactériologique
  • S’applique aux virus et aux bactéries
  • Détecte les organismes vivants et morts
  • Méthode très sensible et spécifique
  • Échantillons individuels ou composites
  • Échantillons réfrigérés, éventuellement congelés
  • Milieu de transport simple (0,9% NaCl) ou complexe (Amies, liquide seulement)
  • Résultats disponibles en quelques heures
  • S’applique aux bactéries (à l’exception de bovis)
  • Détecte seulement les organismes vivants
  • Méthode très spécifique mais moins sensible
  • Échantillons individuels seulement
  • Échantillons réfrigérés mais surtout pas congelés
  • Milieu de transport complexe (Amies liquide ou solide)
  • Résultats disponibles après plusieurs jours
  • Possibilité de tester la sensibilité aux antimicrobiens

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à communiquer avec nous.

André Broes, D.M.V., Ph.D., Responsable support technique


Références

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