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À propos du dépistage sérologique des infections à Neospora caninum

Neospora caninum (ci-après Neospora) est un parasite unicellulaire (protozoaire). C’est l’un des principaux agents d’avortements d’origine infectieuse chez

Neospora caninum (ci-après Neospora) est un parasite unicellulaire (protozoaire). C’est l’un des principaux agents d’avortements d’origine infectieuse chez les bovins.

Neospora a un cycle complexe avec comme hôtes définitifs plusieurs espèces de canidés et comme hôtes intermédiaires une grande variété d’espèces incluant les bovins.

Chez les bovins, Neospora se transmet principalement par voie transplacentaire (verticale) de la mère au fœtus pendant la gestation.

Le taux de transmission transplacentaire est élevé mais variable et il dépend probablement du degré d’immunité des mères.

La transmission horizontale (infection postnatale) à partir d’un hôte définitif est également possible mais plus rare dans nos conditions d’élevage.

Lorsque l’infection transplacentaire ne se termine pas par un avortement, un veau d’apparence normale peut naître et perpétuer le cycle.

En effet, les veaux femelles infectés verticalement qui sont mis à la reproduction pourront à leur tour produire des veaux infectés.

Pour briser le cycle d’infection, il est recommandé de ne pas mettre à la reproduction les taures issues de mères infectées et d’éliminer progressivement les lignées positives.

Pour les animaux de grande valeur génétique, il est possible de conserver les lignées en récoltant des embryons et en les transférant à des receveuses indemnes.

Comment identifier les taures qui ont été infectées verticalement ?

La plupart des mères infectées par Neospora possèdent des anticorps détectables au moyen des tests sérologiques usuels (ELISA).

Toutefois, les niveaux d’anticorps peuvent fluctuer considérablement dans le temps au point de devenir parfois indétectables.

Le statut séronégatif d’une mère n’est donc pas une garantie absolue qu’elle n’est pas infectée.

À l’inverse, le statut séropositif ne permet pas non plus de prédire avec certitude que ses veaux naîtront infectés.

En effet, les mères infectées ne donnent pas systématiquement naissance à des veaux infectés.

Ainsi, le taux de transmission est plus élevé lors des premières gestations que lors des gestations suivantes.

Chez mères infectées, Neospora est présent dans certains organes (cœur, encéphale) sous la forme de bradyzoïtes.

Les bradyzoïtes peuvent demeurer dans un état quiescent pendant des mois.

À la faveur d’une immunodépression passagère comme c’est le cas lors d’une gestation, les bradyzoïtes peuvent reprendre leur développement.

Ils se transforment alors en tachyzoïtes qui empruntent la circulation sanguine, gagnent le placenta et peuvent le traverser pour infecter le fœtus.

À partir d’environ 3 mois de gestation, le foetus est capable de répondre à l’infection en produisant des anticorps anti-tachyzoïtes.

Les tests sérologiques usuels utilisent comme antigène des extraits de tachyzoïtes et permettent de détecter les anticorps dirigés contre cette forme du parasite.

La présence d’anticorps Neospora chez un veau naissant avant sa première prise de colostrum constitue la preuve d’une infection prénatale.

Chez les veaux infectés verticalement, le parasite est présent sous la forme de bradyzoïtes comme chez les adultes.

Les bradyzoïtes stimulent peu le système immunitaire et, par conséquent, les animaux produisent peu d’anticorps contre ceux-ci.

De toute manière, les tests sérologiques usuels détectent essentiellement les anticorps dirigés contre les tachyzoïtes, pas les bradyzoïtes.

Chez des animaux très jeunes (moins de 3 mois) ayant reçu du colostrum de leur mère, la présence d’anticorps constitue une preuve de l’infection de la mère.

Les anticorps détectés à cet âge sont en majorité d’origine maternelle (colostrale).

Une partie d’entre-eux peut aussi provenir du veau (fœtus) lui-même.

Après la disparition de ces anticorps, un veau infecté verticalement ne produira pas toujours suffisamment d’anticorps anti-tachyzoïtes pour que ceux-ci soient détectables.

Un test sérologique négatif chez une taure âgée de 6 à 12 mois ne constitue donc pas une garantie absolue de l’absence d’infection.

Conclusion

Déterminer le statut sérologique des taures avant leur mise à la reproduction est fortement recommandé si l’on veut contrôler la transmission verticale de Neospora.

Un test positif permet de conclure avec quasi-certitude que celles-ci sont infectées, qu’elles risqueront d’avorter ou de donner naissance à des veaux infectés.

À l’inverse, un test négatif ne constitue malheureusement pas une garantie absolue qu’elles ne sont pas infectées.

Un contrôle sérologique en milieu de première gestation peut permettre de détecter des infections passées inaperçu auparavant.

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à communiquer avec nous !

André Broes, D.M.V., Ph.D., Responsable support technique